Addictions

Le contenu et les méditations qui suivent sont proposés par Stéphany Pelissolo, psychologue clinicienne.

La situation

L’ennui, la frustration, le stress, l’anxiété, la tristesse et la colère peuvent entraîner des conduites addictives telles que boire plus d’alcool, consommer plus de drogues, manger beaucoup plus, regarder des vidéos ou encore des sites pornographiques, jouer à des jeux vidéos… Le recours à ces stratégies pour gérer tous ces ressentis désagréables permet effectivement de les apaiser dans l’ici et maintenant mais le risque est grand de développer une dépendance à ces addictions qui entraîne de lourdes conséquences sur le plan somatique, psychique, social et professionnel.

Quand un événement désagréable survient dans notre vie, il entraîne une sensation de déséquilibre à laquelle nous réagissons de manière automatique. Nous tentons de réajuster notre posture en essayant de trouver la meilleure béquille qui nous permette de rester debout. Mais cette béquille n’est souvent qu’un leurre. Imaginez que votre cheville soit fracturée. Afin de continuer à marcher, vous empruntez des béquilles. Vous continuez effectivement de vous déplacer, mais la fracture est toujours là. Et si vous ne prenez pas soin d’elle en allant voir un chirurgien, puis en faisant votre rééducation avec un kinésithérapeute, il y a fort à parier que votre fracture sera toujours là, tout comme la douleur qu’elle engendre. Les addictions sont comme cette béquille !

Comment le soigner ?

La première chose est de prendre conscience de votre conduite addictive, d’apprendre à identifier l’émotion ou l’événement qui l’entraîne. Puis essayer par vous-même de trouver d’autres stratégies pour faire face aux événements ou aux émotions qui sous-tendent votre addiction. Comment pouvez-vous y faire face autrement qu’en consommant?

  • Appeler des personnes ressources (amis, famille, médecin, psy…)
  • Faire des activités qui augmentent votre confiance en vous (rangement, tri, jardinage, cuisine…)
  • Faire une activité qui vous procure du plaisir et de la détente (regarder un bon film, lire, marcher, faire du sport…)
  • Ou encore, vous pouvez appliquer le petit programme de méditation
  • Si vous sentez que vous êtes en train de perdre le contrôle de votre consommation de substance, n’hésitez pas à consulter un professionnel de santé mentale!

 

Lorsque nous souffrons, nous nous sentons abattus, déstabilisés et nous avons parfois recours à la consommation de certaines substances (alcool, anxiolytique, cannabis…) pour apaiser les émotions douloureuses. La pratique de la pleine conscience peut vous permettre de faire de votre expérience de l’instant celle de la stabilité, de la dignité et de la sérénité, sans recourir à autrui. Rappelez-vous, lorsque vous êtes pris dans le cercle infernal de la souffrance, votre attention se focalise uniquement sur ce qui est douloureux, faisant tourner en boucle des pensées automatiques négatives. La pratique de ces deux exercices entraîne votre attention à se désengager de ce qui vous fait mal pour la ramener de manière intentionnelle à des endroits de votre corps où il est possible d’être présent aux ressources qui sont déjà là. Ce travail de maintien de l’attention dans les parties-ressources du corps permet petit à petit d’apaiser et le corps et l’esprit. Pratiquez la méditation de la montagne pour faire face!

 

Dans cette période d’agitation, il se peut que vous n’arriviez plus à voir clairement vos ressources et vos forces. Cette méditation sur les ressources est vraiment très importante, elle vous sera d’une grande aide pour aller à la rencontre de votre douleur. Souvent, nous avons peur que cet état de douleur se prolonge ou encore nous estimons que nous n’avons pas les ressources nécessaires pour effectuer le travail d’exposition à une situation douloureuse. Mais vos ressources sont là en vous ! Elles sont juste masquées par votre douleur. La méditation sur les ressources va vous permettre de les révéler à vous et de les ancrer dans votre corps. Puis pratiquez la méditation de la bienveillance afin de développer le sentiment que vous méritez de prendre soin de vous.

Les jours suivants vous pourrez écouter la méditation sur les pensées, la pratique de cette méditation sur les pensées permet petit à petit de se familiariser avec elles et de les voir juste comme des pensées, et rien d’autre. Cela est fondamental, car dès qu’il est possible de prendre de la distance par rapport au contenu de ses pensées comme : “seule la consommation de la substance m’apaisera”, il devient possible de ne plus les laisser gouverner sa vie. Et enfin, avec la pratique de la méditation zoom-dézoom, vous allez apprendre à jouer avec votre attention afin de modifier votre manière d’être relié à votre expérience d’envie de consommer et vous vous entraînerez à l’accueillir sans avoir recours à la substance désirée!